Être bien au / dans son travail : quelles sont les attentes des générations Y et Z ?

Par Cécile TAUVEL (co-fondatrice de La Minut’Rit)

Le jeudi 28 janvier 2016, sur le campus du Havre de l’EM Normandie, avait lieu une journée de réflexion et d’échanges sur la RSO (responsabilité sociétale des organisations) : quelle capacité des organisations à agir pour les générations futures ?

J’ai participé à la table ronde :

« Etre bien au / dans son travail : quelles sont les attentes des générations Y et Z ? ».

Les intervenants :

  • Michel Authier, philosophe, sociologue, inventeur de l’arbre des connaissances
  • Nadia Robinet, associée, Action Spinoza/La Fabrique Spinoza
  • Sabrina Tanquerel, Professeure en Gestion des Ressources Humaines et Développement, Ecole de Management de Normandie
  • Marc Deluzet, Délégué général OSI, Engie

 

Voici les différents points évoqués autour de cette table ronde :

L’évolution du rapport au pouvoir

Les générations Y et Z ont le désir sincère d’apporter du bien à la société (Michel Authier). L’obsession d’acquérir le pouvoir est moins présente dans ces nouvelles générations (à quelques exceptions près).
On entend par pouvoir : faire faire aux autres ce que l’on veut. Aujourd’hui, ce qui intéresse les générations Y et Z, c’est de pouvoir rendre service, créer, innover, résoudre les problèmes…
Ces générations ont besoin de s’ouvrir et de montrer qu’elles sont capables de faire, sinon, elles ressentent un grand vide.

L’évolution du rapport à l’autorité

Le rapport à l’autorité a changé (Marc Deluzet) et notamment les rapports parents/enfants.

Des attentes similaires

Il y a peu de différences entre les attentes des générations des Baby-boomers, X, Y et Z. L’ensemble des générations recherche le sens au travail, l’équilibre des sphères de vie et la reconnaissance. (Sabrina Tanquerel)

S’épanouir dans son travail

Nadia Robinet se réjouit qu’on ose dire aujourd’hui qu’on est épanoui dans son travail. L’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle est revendiqué par tous. S’épanouir au travail devient petit à petit un acquis dans les entreprises. La plupart veut contribuer à une évolution de la société.

Un travail qui a du sens

On demande aux managers et aux ressources humaines de donner du sens au travail par la satisfaction client et l’engagement en faveur du développement durable. (Nadia Robinet)

Les enjeux du développement durable ont changé de modèles de business. Le client pénètre dans l’entreprise et c’est le client qui donne le sens au travail. Certaines entreprises ont bien compris qu’il est primordial de faire la connexion entre le travail fait et la satisfaction client. (Marc Deluzet)

L’évolution du rapport aux espaces de travail et au temps de travail
Les femmes au travail posent la question des sphères de vie. On se construit grâce aux interactions avec les autres, et notamment au travail. Le travail gagne de la place dans la vie privée et la vie privée arrive elle aussi dans le travail. (Marc Deluzet)

Cette génération est habituée à parler à tous dans l’entreprise, quel que soit son poste. Le rapport aux espaces de travail et au temps de travail change. (Nadia Robinet)

prospecter

Le bien-être au travail : pratiques managériales et exemples

En 5 ans, on est passé de la souffrance au travail à la qualité de vie au travail puis au bien-être au travail qui concerne l’existentiel. En effet, le travail est le principal lieu de socialisation des individus.

Le télétravail

Pour que cela se puisse être mis en place, trois éléments sont nécessaires dans l’entreprise : transparence, autonomie et confiance. Le numérique a fait évoluer les besoins. On souhaite collaborer et coopérer de plus en plus. On n’a plus besoin de bureau fixe. Mais attention, tout le monde ne peut pas être en télétravail.

communication

Discuter du travail

La question à se poser est : comment discute-t-on du travail ? En effet, on ne discute plus que de chiffres.

L’inconvénient des procédures, c’est qu’elles retirent une partie du savoir-faire au salarié. Or les clients sont différents, il faut par conséquent réagir différemment. On pourrait parvenir à satisfaire tout aussi bien le client en faisant autrement.

Les managers doivent pouvoir expérimenter

Le rôle du management est d’animer et de laisser les salariés être force de proposition. Il est possible d’innover sur les méthodes de management. Manager, c’est prendre du recul et expérimenter.

Il n’y a pas d’augmentation de la productivité, il y a une augmentation de la compétitivité (cf les start-up) (Michel Authier). La difficulté que le sociologue relève, c’est qu’on n’a pas de moyen de mesurer comment cela « profite » ou comment cela « génère du bien ».

On s’est rendu compte qu’on ne pouvait plus tout contrôler. Le manager est celui qui doit ménager, soigner les hommes et les femmes (cf FAVI). Le mouvement des entreprises libérées inspire de plus en plus d’entreprises et ce nouveau style de management peut être mis en place très rapidement.

Comment calculer le bien-être au travail ?

L’absentéisme (maladie) est une donnée intéressante. Cependant, si l’on fixe des objectifs, il risque d’y avoir des dérives.

 

En conclusion, les modes d’organisation sont mouvants. Ce qui a bien marché ne marchera pas toujours. Le principal c’est de toujours discuter. C’est la forme la plus simple des régulations. Il n’existe pas de solution miracle. Il faut se libérer de certaines croyances et surtout expérimenter.

 

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